La petite reine

Publié le par Zanspi

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Pourquoi moi ?
Tels sont les mots par lesquels je répondis il y'a de cela presque 1 an...
A quoi ? me demandez-vous.
Et bien pour répondre, il faut remonter 1 an et 2 semaines en arrière, lorsque je reçu une bien étrange lettre.

Pas d'explications, juste un numéro de téléphone et un nom : Mme Grey (pour protéger son anonymat).
Je décrochais donc mon téléphone et une voix féminine me répondit :
"Bonjour M. Zanspi. Votre mission si vous l'acceptez sera d'enquêter sur la sécurité WiFi..."
"Je vois pas ce que ça change, je fais ça tous les jours."
"Je n'avais pas fini. La sécurité WiFi, sur le tour de France."
"Pourquoi moi ?" (la voici :) )
"Vous êtes le meilleur."
"Ouah !"
"Non, en fait vous êtes le seul disponible un dimanche...et gratuitement de surcroit."
Rire forcé de ma part : "Bien sur..."

Je me voyais donc engagé (et forcé) dans le but d'écrire un article sur la sécurité du WiFi mis à la disposition des équipes et des journalistes le long de nos belles routes françaises.

Il est vrai, que le nombre de relais "fibre optique" entre Bourg-De-Péage et Mende doit se compter sur les doigts d'un lépreux onychophage...

 

Rendez-vous était pris à 10H30, sur les Champs Elysées...


Dimanche à 9H00, je dépose ma voiture de l'autre côté de la Seine et me dirige vers la Concorde...
A part quelques touristes et des parisiens matinaux, il n'y a pas grand monde...cela dit, l'arrivée est prévu vers 16H...
Mon ordinateur sous le bras, je parcours les allées où s'affaire déjà les techniciens.
Je découvre ainsi les différents camions d'Orange (responsable de la télécommunication sur le Tour de France), de gros cable court le long du trottoir...
En bon auditeur qui se respecte, je regarde à droite et à gauche et je finis par m'assoir près d'un camion de nourriture pour tester le fameux WiFi...pour l'instant il n'y a rien...patience.

A 10H, comme convenu, je rejoins Mme Grey près de l'Etoile. Nous nous dirigeons alors vers le lieu que je visitais, une heure auparavant...
Et là surprise...
Des barrières partout, deux rangées de clotures et des policiers à toutes les entrées. En une heure de temps ils avaient mis en place une sécurité digne de Fort Knox. Si j'étais resté à l'intérieur, j'étais piégé...comme un enfant dans un magasin de bonbons :)
Trouvant cette sécurité un peu hypocrite, je remarquais des badges...j'imagine que je me serai fait viré si je n'en avais pas un.

Notre contact nous rejoins à 10H45, visiblement très préoccupé. Le WiFi vient d'être lancé et il doit déjà géré les problèmes....
C'est vrai que c'est pas facile de mettre un système capable de fournir un service internet sans fil à plus de 1200 personnes.
Nous le suivons jusqu'au camion que j'avais pu voir précédemment et on nous installe dans un fauteuil en cuir destiné aux journaliste. Après une interview, durant laquelle il nous décrit les différents outils et matériels utilisés (dont je publierai la liste en fin d'article), nous avons quartier libre. Alors que le soleil, au sortir du camion, me brule les yeux, je baisse la tête et découvre quelque chose d'étrange...le badge n'est pas à mon nom. Mieux encore, il me donne le droit d'accéder à des zones réservées aux VIP !
J'abandonne Mme Grey, partie faire des photos pour me rendre dans une nouvelle zone...après la zone technique, la zone invités...
Et là c'est la grande classe : chaque entreprise finançant le Tour de France a son box, pour apprécier au mieux l'arrivée. Chacune possède un petit kiosque distribuant nourriture et boissons. Emporté par ma découverte, j'en oubliais l'objectif de ma mission...tester ce fameux WiFi.
Après une petite coupe de champagne, je m'installer sur l'herbe et découvre enfin ce pourquoi je suis venu.
-----Attention---- Technic Time
Tout fonctionne comme un freewifi ou un neufwifi !
Un portail captif avec Login et Mot de passe basé sur ARP afin de répertorier les adresses MAC authentifiées ou non. Un certificat est créé afin de permettre des connexions ultérieures sans repasser par le portail.
Chaque utilisateur possède son propre compte enregistré au préalable...il m'est donc impossible de me connecter...sauf à sniffer le réseaux et à spoofer une adresse MAC autorisée....ce qui n'est pas compliqué à trouver.
Le certificat m'empêche cependant de me connecter à la place de quelqu'un....dommage mais je suis sur que l'on peut faire quelque chose :)
Bref, ne voulant pas m'attirer plus d'ennuis je tente quand même un gros coup...le DOS...rahaha...enfin gentiment. J'envoie une requète de DEAUTH en usurpant une adresse MAC connue et authorisée. Visiblement, la solution UCOPIA fonctionne pas mal...elle sait reconnaitre une requète de DEAUTH forgée par Aircrack et me gicle purement et simplement. La requète ne passera pas.
Là encore, un bon vieux Scapy et une requète ISO-machinée (respectant la norme) nous permettraient je pense, de passer outre ces quelques limitations....
Un WiFi pas inviolable, mais assez sécurisé pour rebuter les Hackers en herbe...et c'est peut-être le principal car si on s'intéresse au flux...il ne s'agit que d'articles ou de photos du Tour qui transitent.
En ce qui concerne la disponibilité, je n'ai pu que m'en remettre aux dire du responsable technique....
------Attention----- Profane Time
Il y'a un ou deux gros tuyaux et puis des plus petits...
Si les gros ont des problèmes on répartit sur les petits.
------Attention----- Technic Time
En somme, de la fibre optique STM1 (155Mbits/sec) et puis du DSL (20Mbits/sec) pour la partie Physique du modèle OSI.

Je refermais donc le clapet de mon ordinateur portable sur ces quelques observations. Il était déjà 15H30 et les VIP commençaient à affluer. N'ayant visiblement par le badge adéquate pour monter dans une des tribunes, je retournais un peu déçu vers la zone technique.
La déception fut de courte durée, aucune tribune n'était autorisée de ce côté de la route au niveau de la ligne d'arrivée. Seul les techniciens pouvaient donc apprécier l'arrivée de ce côté des Champs Elysées...
C'est donc vers 17 ou 18H (ma mémoire me joue des tours...de France, hahaha) que les premiers cyclistes arrivèrent.
Une petite photo finish et je m'eclipsais, marchant d'un pas assuré vers le soleil couchant...

 

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